Nouvelles

human-skeleton-163715

GÉNÉTIQUE ET PRÉVENTION: ce qui est important, ce n’est pas ce qui est écrit, mais ce qui est lu!

Pour la majorité des gens, l'ADN représente l'ultime vérité: ce qui dicte nos chances d'être en santé ou nos risques de maladies. La vérité en est tout autre.

Nos habitudes de vie influencent la lecture de notre ADN.

Pour la majorité des gens, l’ADN représente l’ultime vérité: ce qui dicte nos chances d’être en santé ou nos risques de maladies. La vérité en est tout autre.

La génétique fait partie des facteurs internes du vieillissement, mais elle est fortement influencée par les facteurs externes. Il est vrai que certains gènes sont responsables de maladies graves, ou encore, ils vont tellement augmenter le risque de certaines maladies, qu’ils sont des indicateurs directs de notre longévité. On a qu’à penser à l’APOE4 ou aux mutations au gène BRCA1. L’APOE4 est relié à un risque accru de maladies cardiovasculaires et d’Alzheimer. Avoir une seule copie d’ApoE4 d’un de nos parents, multiplie le risque de maladie d’Alzheimer par 3. Posséder les 2 copies, une de chaque parent, multiplie le risque par 12. Pour le gène BRCA1, certaines mutations augmentent considérablement le risque de certains cancers dont le cancer du sein. D’un autre côté, certains gènes sont aussi associés à la longévité comme FOXO3A (pour la maintenance et la réparation).

Les gènes à haut risque sont relativement rares et la très grande majorité de la population n’en est pas porteur. Pour cette majorité de la population, il semble que ce qui est le plus important n’est pas nécessairement ce qui est écrit dans notre ADN, mais plutôt ce qui est lu. Ainsi, les gènes reliés à l’augmentation des risques de maladies, les mêmes que la population en général, ont été retrouvés dans le génome de personnes centenaires. De façon générale, notre génétique serait responsable de seulement 25% des raisons de notre espérance de vie. Bonne nouvelle, cela veut dire que l’autre 75% est sous notre contrôle. Pour ceux intéressés par le sujet, je vous suggère:

Brooks-Wilson AR. Genetics of healthy aging and longevity.Hum Genet. 2013 Dec;132(12):1323-38.
Nous savons maintenant que non seulement les mêmes gènes ne fonctionnent pas tous de la même façon selon les individus, mais la structure même de notre génome est modifiée, soit de façon transitoire ou de façon permanente, sous l’effet de l’environnement et de nos habitudes de vie. Ces modifications font en sorte de permettre ou non une  »lecture » plus ou moins fréquente de certaines parties du génome. Elles sont ainsi responsables du niveau à lequel notre génétique nous protège ou nous rend plus fragile tout au cours de notre vie. Ces modifications à l’ADN, en réponse à notre environnement, ce nomme l’épigénétique. Le génome dans sa forme réelle d’édition propre à chaque individu se nomme ainsi : l’épigénome.

Pour donner un exemple simple, si nos gènes de la capacité antioxydante naturelle sont lus plus fréquemment, cela améliora nos chances d’être en meilleure santé, plus longtemps. Qu’est-ce qui peut faire en sorte qu’ils soient lus plus souvent ? L’activité physique ? Fort probablement!

Notre président a partagé trois textes sur son profil LinkedIn sur l’activité physique et le vieillissement; nous vous invitons à les lire si ce n’est pas déjà fait :

Un vaccin contre le vieillissement ?
Les phénomènes d’hormèse et le vieillissement
Vieillissement et activité physique: demeurez actifs!

Si nous avons besoin plus fréquemment de nos défenses antioxydantes parce que nous sommes actifs physiquement, il est normal que nos cellules rendent plus facilement accessibles les gènes reliés à la défense antioxydante, permettant ainsi un meilleur état de santé. Cet impact ne sera pas seulement perceptible au niveau musculaire, mais dans l’ensemble de l’organisme. De la même façon, un grand nombre de gènes vont répondre à différentes facettes de nos habitudes de vie. Par exemple, les effets anti-cancers du thé vert et du brocoli seraient, au moins en partie, dû à des modulations épigénétiques bénéfiques (Torano et al, 2016). De plus, plusieurs des modifications épigénétiques sont transmissibles d’une génération à l’autre et peuvent ainsi influencer la vie de nos enfants. Une revue récente de la science à ce sujet est disponible:

Torano et al, 2016. The Impact of External Factors on the Epigenome: In Utero and over Lifetime. Biomed Res Int. 2016.

Ce qu’il faut retenir, c’est que nous ne sommes pas les esclaves de notre génétique; celle-ci s’exprime selon nos propres décisions, selon nos habitudes de vie. La prévention demeurera toujours votre meilleur outil afin de demeurer en santé encore longtemps.

PARTAGER :  facebooktwittergoogle_pluslinkedinmail